Fiche de révision · Français 5eExpérimenter et jouer au théâtre : la société sens dessus dessous
2e trimestre · chapitre 10 sur 14
Le théâtre comique fait rire en renversant l'ordre de la société, pour mieux montrer les défauts des hommes.
L'essentiel à retenir
- Répliques et didascalies
- Double énonciation
- Exposition, nœud, dénouement
- Cinq formes du comique
- Molière : Scapin (1671), L'Avare (1668)
La leçon
1. Le texte de théâtre
La pièce, écrite pour être jouée devant des spectateurs, se divise en actes et en scènes ; on change de scène à chaque entrée ou sortie d'un personnage. Elle se compose de répliques et de didascalies, indications de l'auteur souvent en italique. La tirade est une longue réplique ; dans le monologue, un personnage seul parle ; l'aparté est entendu du public mais pas des autres personnages.
2. Double énonciation et étapes de la pièce
Les personnages se parlent entre eux, mais l'auteur s'adresse en même temps au public : c'est la double énonciation. La scène d'exposition présente les personnages et la situation. Le nœud accumule les obstacles. Le dénouement les résout, souvent heureusement dans la comédie : mariages, réconciliations.
Exemple
Le public sait que Scapin ment, alors que le vieillard qu'il trompe le croit : c'est ce décalage qui fait rire la salle.
3. Les formes du comique
On rit des mots (jeux de mots, langage déformé), des gestes (coups de bâton, chutes), des situations (quiproquo, personnage caché), des caractères (défaut exagéré : avarice, crédulité) et des répétitions. Le quiproquo est un malentendu où un personnage prend une personne ou une chose pour une autre.
Exemple
Répétition : Géronte redit « Que diable allait-il faire dans cette galère ? » (acte II, scène 7). Caractère : l'avarice d'Harpagon dans L'Avare.
4. Farce, commedia dell'arte et Molière
La farce est une courte pièce comique du Moyen Âge (XVe siècle), au comique grossier de gestes et de situation. La commedia dell'arte est un théâtre italien (XVIe siècle) d'acteurs masqués qui improvisent à partir d'un canevas, avec des personnages types (Arlequin, Pantalon, Scapino). Molière (Jean-Baptiste Poquelin, 1622-1673), comédien et auteur, s'en inspire.
Exemple
Farces : La Farce du cuvier, La Farce de maître Pathelin. Molière : L'Avare (1668), inspiré de La Marmite de Plaute ; Les Fourberies de Scapin (1671).
5. Une société sens dessus dessous
Dans la comédie, le valet rusé domine les maîtres et les jeunes l'emportent sur les pères. Ce renversement, hérité du carnaval, fait rire et critique les abus des puissants. Pour Molière, la comédie doit « corriger les hommes en les divertissant » : le rire montre les défauts humains comme dans un miroir grossissant.
Exemple
Dans Les Fourberies de Scapin, le valet Scapin aide les jeunes Octave et Léandre contre leurs pères, Argante et Géronte ; dans la scène du sac (acte III, scène 2), il roue de coups Géronte caché dans un sac.
6. Mettre en voix et en espace
Jouer une scène, c'est traduire le texte en voix, en gestes et en déplacements. Les didascalies indiquent le ton, les gestes, les entrées et sorties. La place des comédiens sur scène montre les rapports de force : le valet qui domine peut occuper le centre, le maître dupé reculer ou se cacher.
Exemple
Dans la scène du sac, Scapin change de voix pour imiter des agresseurs imaginaires pendant que Géronte reste caché.
La méthode
Comment mettre en scène une scène de comédie
- Lis la scène et ses didascalies : qui trompe qui, et quel est le ressort comique ?
- Choisis le ton de chaque réplique et repère les apartés, à dire vers le public.
- Décide des déplacements et de la place de chacun pour montrer qui domine.
- Exagère gestes et mimiques pour le comique de gestes, sans perdre le texte.
- Répète en articulant et en marquant les répétitions comiques.
Pièges à éviter
- Scapin n'est pas le valet de Géronte : il sert Léandre, le fils, et c'est le père qu'il piège dans le sac.
- Ne confonds pas monologue (personnage seul en scène) et aparté (d'autres personnages sont là mais n'entendent pas).
- La double énonciation ne veut pas dire que deux personnages parlent : c'est l'auteur qui, à travers eux, s'adresse au public.
Vocabulaire
- Didascalie
- Indication de mise en scène écrite par l'auteur.
- Aparté
- Réplique entendue du seul public.
- Quiproquo
- Malentendu sur une personne ou une chose.
- Comédie
- Pièce qui fait rire et finit bien.
- Double énonciation
- Paroles adressées aux personnages et au public à la fois.
- Dénouement
- Fin de la pièce, où les obstacles sont résolus.
Teste-toi
3 questions pour vérifier, corrigées tout de suite.
Flashcards
Essaie de répondre avant d'ouvrir la carte.
Qu'est-ce qu'une didascalie ?
Une indication de l'auteur sur le décor, les gestes, le ton ou les déplacements, souvent en italique.
Qu'est-ce qu'un aparté ?
Une réplique que le personnage dit pour lui-même : le public l'entend, mais pas les autres personnages.
Qu'est-ce que la double énonciation ?
Les personnages se parlent entre eux, mais l'auteur s'adresse en même temps aux spectateurs.
La suite dans Réviz
4 autres questions, 5 autres flashcards, la carte mentale du chapitre, et ce qui coince qui revient au bon moment jusqu'au contrôle.
Ce que le programme attend
- Connaître le vocabulaire du texte théâtral : acte, scène, réplique, tirade, monologue, aparté, didascalie
- Comprendre la double énonciation et les étapes d'une pièce (exposition, nœud, dénouement)
- Identifier les formes du comique : de mots, de gestes, de situation, de caractère, de répétition
- Connaître la farce médiévale, la commedia dell'arte et la comédie de Molière
- Analyser le renversement des rapports entre maîtres et valets et la critique de la société
- Mettre en voix et en espace une scène de comédie
Référence : Programme de français du cycle 4 (arrêté du 18 février 2026, BO n°10 du 5 mars 2026), classe de 5e : « Éprouver, expérimenter ». Une erreur dans cette fiche ? Signale-la, elle sera corrigée.


