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Fiche de révision · Français 4eLa ville, lieu de tous les possibles ?

3e trimestre · chapitre 14 sur 14

La littérature montre la ville à la fois comme un lieu de possibilités et comme un lieu inquiétant.

L'essentiel à retenir

  • Paris transformé par Haussmann (1853-1870)
  • Baudelaire : la foule, la passante, le flâneur
  • Zola et Verhaeren : la ville qui dévore
  • Utopie et dystopie : villes rêvées
  • Décrire : point de vue, champ lexical, figures

La leçon

1. La ville moderne en littérature

Au XIXe siècle, les villes grandissent avec l'industrialisation. Sous Napoléon III (1853-1870), le baron Haussmann transforme Paris : grands boulevards, immeubles alignés, égouts. Les écrivains font de cette ville nouvelle un sujet littéraire.

Exemple

Apollinaire ouvre « Zone » (Alcools, 1913) sur le rejet du passé : « À la fin tu es las de ce monde ancien ».

2. Ville attirante, ville inquiétante

La ville attire : lumières, spectacle, progrès, liberté, anonymat qui libère, rencontres. Elle inquiète aussi : bruit, foule, solitude, pauvreté, pollution. La littérature se demande si elle est un lieu de liberté ou un lieu d'anonymat et de dangers.

Exemple

Dans Au Bonheur des Dames (1883), Zola montre un grand magasin parisien qui fascine les clientes et ruine les petits commerçants voisins.

3. Des auteurs et des textes

Baudelaire, Les Fleurs du mal : « À une passante » (ajouté en 1861) évoque une rencontre fugitive dans la rue, aussitôt perdue. Dans Le Spleen de Paris (1869), recueil de poèmes en prose, « Les Foules » célèbre le plaisir de se mêler à la multitude ; Baudelaire fait du flâneur une figure du poète moderne. Verhaeren, dans « La Ville » (Les Campagnes hallucinées, 1893), fait de la ville industrielle « la pieuvre ardente » qui attire et dévore les campagnes ; Les Villes tentaculaires (1895) reprend cette image dans son titre. Apollinaire, « Zone » (1913) : promenade dans un Paris moderne, entre usines, affiches et nouveauté.

4. Analyser une description de ville

On cherche d'abord qui regarde : c'est le point de vue. On relève les expansions du nom, qui précisent l'image, et les champs lexicaux (bruit, lumière, foule). On en déduit l'impression produite : fascination ou rejet.

Exemple

« La rue assourdissante autour de moi hurlait. » (Baudelaire) : l'épithète « assourdissante » et le verbe « hurlait » forment un champ lexical du bruit.

5. Personnification et métaphore

La personnification donne à la ville des traits humains : elle vit, crie, respire. La métaphore la transforme en autre chose : un animal, un monstre, un troupeau. Ces images rendent la ville fascinante ou menaçante.

Exemple

« Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin » (Apollinaire, « Zone ») : la tour Eiffel devient une bergère, les ponts un troupeau.

6. La ville rêvée : utopie et dystopie

Une utopie est une société idéale imaginaire ; le mot a été créé par Thomas More (Utopia, 1516). Une dystopie est une société imaginaire cauchemardesque. Ces villes inventées font réfléchir sur nos villes réelles.

La méthode

Comment analyser une description de ville

  1. Repère qui regarde la ville et d'où (point de vue).
  2. Relève les expansions du nom et les champs lexicaux dominants (bruit, lumière, foule).
  3. Repère les figures de style (personnification, métaphore) et explique leur image.
  4. Conclus sur l'impression dominante : fascination ou rejet.

Pièges à éviter

  • Ne confonds pas utopie et dystopie : l'utopie est un monde idéal, la dystopie un monde cauchemardesque.
  • Un poème en prose reste un poème : il n'a ni vers ni rimes, mais il travaille les images et le rythme.
  • Une ville changée en pieuvre n'est pas une personnification : c'est une métaphore qui en fait un animal menaçant.

Vocabulaire

flâneur
promeneur qui observe la ville sans but précis
poème en prose
poème sans vers ni rimes
utopie
société idéale imaginaire
dystopie
société imaginaire cauchemardesque
champ lexical
ensemble de mots liés à un même thème

Teste-toi

3 questions pour vérifier, corrigées tout de suite.

Question 1

1.Quel poète a écrit Les Fleurs du mal et Le Spleen de Paris ?

Question 2

2.« La ville, pieuvre ardente, étend ses bras sur les champs. » Quelle figure est employée ?

Question 3

3.Dans Au Bonheur des Dames, le grand magasin représente :

Flashcards

Essaie de répondre avant d'ouvrir la carte.

Qui a transformé Paris sous Napoléon III ?

Le baron Haussmann (1853-1870) : grands boulevards, immeubles alignés, égouts.

Que raconte « À une passante » de Baudelaire ?

Une rencontre fugitive avec une inconnue dans une rue bruyante, aussitôt perdue.

Qu'est-ce qu'un poème en prose ?

Un poème sans vers ni rimes, comme ceux du Spleen de Paris de Baudelaire (1869).

La suite dans Réviz

4 autres questions, 5 autres flashcards, la carte mentale du chapitre, et ce qui coince qui revient au bon moment jusqu'au contrôle.

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Ce que le programme attend

  • Comprendre comment la littérature représente la ville moderne
  • Distinguer la ville attirante (liberté, rencontres, progrès) et la ville inquiétante (foule, solitude, misère)
  • Connaître des textes de Baudelaire, Zola, Verhaeren et Apollinaire
  • Analyser une description de ville : point de vue, expansions du nom, champ lexical
  • Identifier les procédés poétiques au service de la ville (personnification, métaphore)
  • Découvrir la ville rêvée : utopie et dystopie

Référence : Programme de français du cycle 4 (BO 2015, ajusté en 2020) et repères annuels de progression 2019, classe de 4e. Une erreur dans cette fiche ? Signale-la, elle sera corrigée.